QUARTIER 3, DESTRUCTION TOTALE — Jennifer Haley

La pièce décrit la tentative d’un groupe d’adolescents d'atteindre le dernier niveau – « La Maison Finale » – d'un jeu vidéo se déroulant dans une réalité virtuelle, appelée « Le Quartier ». L'action de ce jeu se passe dans une banlieue américaine, à l'identique de celle dans laquelle vivent réellement les joueurs ; il est habité de zombies que les joueurs doivent éviter ou tuer pour progresser de niveau en niveau. Au fil de la pièce, on apprend que cette « Maison Finale » dans le jeu a l'apparence de la maison respective de chacun des joueurs...

CRÉATION AU THÉÂTRE DE POCHE / BRUXELLES — DU 14 FÉVRIER AU 11 MARS 2017

Mise en scène : Olivier Boudon
Assisté de : Laurent Staudt
Avec : Lise Wittamer, Stéphane Fenocchi, Lucile Charnier, Lode Thiéry
Scénographie : Olivier Wiame // Lumière : Xavier Lauwers
Costumes : Carine Duarte // Vidéo : Bruno Tracq // Son : Loup Mormont
Traduit de l’anglais (USA) par Emmanuel Gaillot
Une production du Théâtre de Poche, avec le soutien du Centre des Arts scéniques et avec l'aide de la Schieve Compagnie.
Pièce traduite à l'initiative et avec le soutien de la Maison Antoine Vitez – Centre international de la traduction théâtrale à Paris.
World premiere of Neighborhood 3 : Requisition of Doom at The Humana Festival of New American Plays at Actors Theatre of Louisville. New York premiere of Neighborhood 3 : Requisition of Doom presented at the Summer Play Festival in association with The Public Theater. First Produced in New York City by The Flea Theater - Niegel Smith, Artistic Director ; Carol Ostrow, Producing Director.

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À propos de Quartier 3, destruction totale

De prime abord, Quartier 3, destruction totale décrit au fil des scènes la tentative d'un groupe d'adolescents d'atteindre le dernier niveau – « La Maison Finale » – d'un jeu vidéo se déroulant dans une réalité virtuelle, « Le Quartier ». L'action de ce jeu se passe dans une banlieue américaine, à l'identique de celle dans laquelle vivent réellement les joueurs ; il est habité de zombies que les joueurs doivent éviter ou tuer pour progresser de niveau en niveau. Au fil de la pièce, on apprend que cette « Maison Finale » dans le jeu a l'apparence de la maison respective de chacun des joueurs…
Écrite comme un puzzle que le spectateur aura à reconstruire, cette histoire prend pour cadre un quartier résidentiel de banlieue assez chic. Les symboles de la réussite sociale made in America façonnent le récit. Il est question de grosses cylindrées, de hauts postes à responsabilité, de pelouses tondues à ras et de règles strictes édictées par l’Association du Quartier… Mais les relations sociales de ce microcosme cloaque - véritable image d’une élite dominante retranchée derrière ses murs - sont loin d’être aussi rationnelles et réfléchies que les haies taillées devant chaque maison voudraient bien le faire paraître.
Bien au contraire, elles sont empoisonnées par le fantasme sur l’autre, par sa méconnaissance et le refus de s’y confronter. En apparence donc, la superficialité serait un bon anxiolytique - à condition de s’en déresponsabiliser pour ne pas trop culpabiliser. Et préférer ne pas vouloir savoir (ou comprendre) sous des prétextes de liberté laissée à l’autre, permettrait de ne pas avoir à affronter une réalité qui pourrait s’avérer inquiétante…
Mais tous ces personnages sont-ils vraiment réel ?
Cette question nous traverse en tout cas. Dans le même temps, un groupe d’adolescents plus ou moins livrés à eux-mêmes et comblés matériellement, s’est passionné pour un jeu vidéo - dont on saisit bien qu’il pourrait tout aussi bien s’agir d’une métaphore de l’imaginaire incontrôlé et fougueux des adolescents. Sorte de World of Warcraft très local qui prend le territoire du quartier comme terrain de jeu, ce jeu vidéo fonctionne sous forme de missions à accomplir pour passer au niveau supérieur - la dernière sera de tuer des zombies qui ressemblent furieusement aux parents de chacun des adolescents. Ou bien seraient-ce les vrais parents ? L’ambiguïté semble être la ligne rouge sur laquelle s’appuie l’auteure…
Mais tous ces personnages sont-ils vraiment réel ?
Toujours traversé par cette question, le spectateur continue d’avancer dans la pièce comme un aventurier dans un artefact de jungle urbaine domptée et rectiligne, accompagnant de près l’un de ces adolescents dans une sorte d’initiation qui le verra commettre un matricide - il finira par dézinguer sa mère.
Mais était-il vraiment dans la réalité au moment de l’acte ?
La dernière scène jette magnifiquement un doute dans l’esprit du spectateur et lui laisse le soin d’y répondre par lui-même…